On n'est pas tout à fait rentrés
Saint-Tropez, pour la Varoise que je suis, n’a jamais été une carte postale. C’est d’abord une odeur de pins chauffés et un souvenir d’enfance : les baignades qui n’en finissaient pas, les parties de pêche en famille, le sel qui sèche sur les épaules et les boucles impossibles à démêler au retour. On y revient toujours avec ce mélange un peu bête de familiarité et d’émerveillement qu’on réserve aux endroits qui nous ont vus grandir. Cette année, on y est retournés en septembre avec le samoussin Sagan sous le bras. Il a suffi d’ouvrir un livre face au port pour comprendre ce que Françoise Sagan venait y chercher.
Ici, l'arrière-saison est la vraie saison
En septembre, le village respire à nouveau. La lumière se fait rasante, la mer garde toute la chaleur emmagasinée en août, les terrasses se libèrent et les ruelles redeviennent praticables. C’est notre été indien à nous : tout ce que l’été avait de bon, sans la foule ni la précipitation. Autant dire la meilleure saison pour les lecteurs.
Chez Aricomagic, on aime les objets qui prolongent les moments au lieu de les remplir. C’est exactement ce qu’on appelle la décoration fertile : un coussin de lecture qui tient le livre à votre place, qui relâche la nuque et repose les bras, et qui reste beau posé là quand personne ne lit. Le Samoussin Sagan est né de cette envie-là — celle de ne pas ranger l’été trop vite et de continuer à lire dehors tant que la lumière le permet. Il est fabriqué à Draguignan, à quelques kilomètres de ce littoral.
Sagan à Saint-Tropez, ou l'art de ne jamais tout à fait rentrer
Saint-Tropez devient son île : le seul endroit où son succès tout neuf ne la poursuit pas…
Il y a des écrivains qu’on associe à une maison. Françoise Sagan, elle, on l’associe à une route et à un port. Au printemps 1955, un an après le succès foudroyant de Bonjour Tristesse — écrit à dix-huit ans, publié en mars 1954 —, elle descend la Nationale 7 au volant d’une Jaguar décapotable et débarque à l’aube sur le port de Saint-Tropez avec son frère Jacques.
Le village n’est pas encore le nombril du monde. Il va le devenir, en grande partie grâce à elle.
La Ponche comme pension de famille
Elle prend très vite ses habitudes à l’hôtel de la Ponche, qu’elle considère comme une pension de famille, et passe ses nuits à la cave de l’Esquinade, la boîte voisine. Autour d’elle gravite une petite bande dont la devise tient en quatre mots : soleil, vitesse, fête et humour. Les Tropéziens l’accueillent sans façon, et le port devient son île — un endroit généreux, rassurant, où la gloire qui vient de lui tomber dessus la laisse tranquille.
On est en pleine époque du « Saint-Tropez-des-Prés », quand la bande de Saint-Germain déplace ses nuits sur le sable.
Un art de vivre qu’on lui a emprunté
Sagan arrive donc à Saint-Tropez avant que le cinéma ne s’en empare. Elle y fête ses vingt et un ans en juin 1956 ; c’est le 28 novembre de cette même année que sort Et Dieu… créa la femme, tourné par Roger Vadim dans le quartier de la Ponche, et que le village bascule définitivement dans la légende.
Puis la foule arrive — et dès l’été 1959, elle s’en lasse. C’est peut-être ça, la vraie leçon tropézienne : les plus beaux étés sont ceux qu’on sait quitter au bon moment. Ou ceux qu’on prolonge en septembre, quand tout le monde est reparti.
La Côte d’Azur a cette manière de servir de refuge aux écrivains bien après la fin des vacances.
Le vichy, ce tissu qui ne pouvait aller qu'à elle
Quand on cherche le tissu de Saint-Tropez, on ne cherche pas longtemps. Le vichy s’impose — dans ma tête en tout cas, et je soupçonne qu’on est nombreux dans ce cas. Ces petits carreaux, c’est le port, les marinières, les paniers en osier et une certaine idée de la légèreté qui ne s’excuse de rien.
Du torchon de cuisine à la robe de mariée
Avant 1959, le carreau vichy était un tissu d’office : les torchons, les rideaux, les couvercles de pots de confiture. Et puis le 18 juin 1959, Brigitte Bardot épouse Jacques Charrier dans une petite robe rose à carreaux, manches trois-quarts et broderie anglaise, dessinée par Jacques Esterel qui disait s’être inspiré des bergères du XVIIIᵉ siècle. Ni voile, ni satin, ni bijou. Le lendemain, la France entière veut du vichy — Esterel en vendra des millions de robes.
En trois photographies, un textile de cuisine était devenu un manifeste.
Un imprimé qui tient très bien en septembre
En décoration, le vichy a un avantage rare : il est graphique sans être froid, gai sans être bruyant. Sur le Samoussin Sagan, il apporte au coin lecture exactement ce qu’on cherche à l’arrière-saison — un peu d’été qui reste, sans tomber dans le motif de vacances. Il s’entend avec le lin froissé, le bois brut, le rotin et tout ce qui a déjà pris le soleil. Posé sur le lit ou sur un fauteuil de jardin, il raconte un mois de septembre plutôt qu’un mois d’août.
Si vous hésitez entre les modèles, parcourir nos collections et leurs auteurs aide souvent à trancher.
À la une de la revue
Chez aricomagic, on retient surtout ça : les plus belles heures de lecture sont celles qu’on s’accorde après la saison, quand la plage est vide et que la lumière dure encore un peu.
Alors prolongez. On ne dira rien…

