On avait prévu Rimbaud. Yourcenar s'est imposée.
Tout commence par les Docs de La Grande Librairie — une série que je recommande vivement à tous les amoureux de littérature, c’est tellement dommage que toutes les saisons ne soient pas accessibles en permanence. Marguerite Yourcenar : une femme libre, des engagements forts, une façon de traverser le XXe siècle sans jamais appartenir à personne.
L’envie de lui faire un coussin de lecture s’installe ce soir-là. Mais, la sortie d’un nouveau samoussin ça se murit.
Et puis il y a eu ce tissu.
Un jacquard structuré, des fils bruns, écrus, taupe, des reflets sourds d’or et d’argent dans la trame — le genre de matière qu’on reconnaît immédiatement mais qu’on ne sait pas nommer dans un magasin. Au départ, on a pensé à Rimbaud, au sable, au désert…
De retour à l’atelier, en regardant le Samoussin Duras on s’est dit que pour faire un joli bouquet il nous fallait bien une deuxième Marguerite.
Chez Aricomagic, les collections ne se planifient pas toujours comme prévu. Une matière achetée pour un auteur peut finir sur un autre — et c’est souvent là que les meilleures rencontres se font. Ce jacquard texturé, aux nuances naturelles très présentes dans les intérieurs du moment, a quelque chose de minéral qui fait penser aux galets des plages de Nice. Une couleur que j’ai qualifiée de couleur rivage parce qu’elle fait pensé à notre littoral. Insaisissable, indescriptible, comme elle, la grande voyageuse.
C’est sur les pas de Marguerite Yourcenar, dans cette ville chérie de la Côte d’Azur que nous sommes allés confirmer le bien fondé de cette inspiration avec dans notre poche un livre, LE LIVRE qui l’a hissée au rang de génie de la littérature.
Bien sûr pour ceux qui aiment autant écrire que lire, on n’a pas oublié de créer dans la foulée le coudoussin Yourcenar coordonné pour apporter une touche de confort et de style à vos bureaux !
Les Mémoires d'Hadrien, ou comment un livre vous attend
Certains livres, on se demande ce qu'on en aurait compris plus jeune. Peut-être rien, peut-être tout...
C’est en commençant à lire les Mémoires d’Hadrien que tout est devenu évident. Ce roman — un empereur romain qui fait le bilan de sa vie — ne s’avale pas. On le lit stylo à la main, en soulignant des phrases qui semblent écrites pour nous, à l’instant précis.
Yourcenar y formule des choses que l’expérience nous a déjà apprises. Et c’est exactement pour ça qu’on souligne : pas pour retenir ce qu’on ne sait pas encore, mais pour reconnaître ce qu’on sait enfin.
Elle publie à 48 ans, après des années à remettre le manuscrit dans un tiroir.
Ce n’est pas un détail. Les Mémoires d’Hadrien, Yourcenar les commence, les abandonne, les reprend. Elle attend d’avoir quelque chose à dire — ou peut-être d’avoir vécu assez pour écrire ce qu’elle voulait écrire. Le livre paraît en 1951.
Je m’amuse à me demander ce que j’en aurais compris à vingt ans. Aurais-je saisi la profondeur de cette réflexion sur le temps et la trace ? Ou serais-je passée totalement à côté ? C’est peut-être ça, la magie des grands auteurs : ils nous attendent au tournant de nos âges.
Nice, et une résonance presque physique.
Il est des lieux qui ne se contentent pas de nous accueillir, mais qui nous inventent. Pour Marguerite de Crayencour, Nice fut l’un de ces théâtres de métamorphose.
C’est au lycée Masséna qu’elle obtient son baccalauréat en 1919, face à cette Méditerranée dont les bleus défient les adjectifs. Elle reste dans le Sud avec son père les années suivantes — et c’est ensemble qu’ils s’amusent à retourner les lettres de Crayencour dans tous les sens. De ce jeu naît une anagramme devenue légendaire : Yourcenar. Ils vivent entre Nice et Monaco lorsqu’à 18 ans, elle publie son premier texte, un poème dramatique, Le Jardin des chimères.
Puis en 1929, Alexis ou le Traité du vain combat marque son entrée en littérature. La Côte d’Azur n’a pas seulement inventé son nom — elle a vu naître l’écrivaine.
J’ai vécu quatre ans à Nice, à peu près au même âge qu’elle à l’époque. On y est retournés de nombreuses fois depuis, mais on n’avait jamais visité les Arènes ni le paisible jardin du monastère. C’est ce nouveau regard sur la ville et sur la vie — celui qui s’acquiert avec l’âge et la maturité — cette résonance-là aussi, qu’on a voulu infuser dans ce Samoussin.
Un tissu pour les intérieurs qui suivent leur propre tendance
Le jacquard du Samoussin Yourcenar — fils écrus, bruns et taupe aux reflets minéraux d’or et d’argent — est exactement dans l’esprit des palettes nature qu’on retrouve en ce moment dans les magazines de décoration. Ces teintes sourdes, denses, qui ne cherchent pas à s’imposer mais qui tiennent parfaitement dans le temps. Le genre de couleur qu’on appelle grège, ou pierre, ou simplement : impossible à nommer. Il s’accorde à peu près à tout ce qui a du caractère — un lin naturel, une bibliothèque en bois brut, un mur d’enduit à la chaux.
À l’opposé du velours émotionnel.
On est loin de l’enveloppe sensuelle du Samoussin Sand ou de la douceur tactile du Samoussin Colette. Ce jacquard-là a du corps, de la tenue, une présence discrète qui ne cherche pas à attirer l’œil mais qu’on remarque. C’est un Samoussin qu’on choisit avec la certitude de ceux qui savent ce qu’ils cherchent. Exactement comme on choisit un livre de Yourcenar.
Pour celles et ceux qui lisent un stylo à la main.
Fort de symbolique, le Samoussin Yourcenar est une belle idée de cadeau pour les lecteurs qui annotent, qui relisent les marges, qui donnent des livres qu’ils ont eux-mêmes soulignés. Il tient le livre ouvert à hauteur idéale — réglette en chêne ajustable, triangle inclinable — pour qu’on puisse lâcher les mains et se concentrer sur ce qui compte. Retrouvez l’ensemble de la collection dans la boutique Aricomagic — et si vous hésitez entre les modèles, parcourir les articles de la revue consacrés à nos collections et leurs auteurs peut vous aider à y voir plus clair.
À la une de la revue
Bienvenue dans notre Panthéon, Marguerite. Vous qui avez traversé le XXe siècle sans jamais appartenir à un seul endroit, vous voilà dans nos bibliothèques. Chez aricomagic, on croit que les objets qu’on garde longtemps ressemblent aux livres qu’on relit. Celui-là en fait partie.

